Et Tud Goemon s’éloigna en shootant dans les bigorneaux collés aux galets de la rive.
Il approchait de la maison noire, celle que des fous avaient peint avec le goudron comme celui qui poissa les oiseaux et empoisonna les poissons. Une fois surtout, et puis souvent depuis. Dans cette maison la musique ne sonnait plus comme autrefois quand le grand homme du nord l’habitait avec un nom à pas coucher dehors. Il y a moins d’invités aussi. Mais Tud Goemon s’en fichait des abrutis d’humains qui arpentaient la digue. Il entrait parfois dans la maison noire. C’était facile par les tuyauteries. Elles plongeaient jusqu’à la mer et même à marée basse et elles reliaient le bassin d’eau chauffée au deuxième sous-sol sous le jardin. Il avait bien essayé par la cheminée qui sortait de la pelouse. Mais la suie le faisait tousser. Alors il entrait par la tuyauterie et plongeait dans l’eau chauffée de la piscine du deuxième sous-sol. Et là il se rappelait la musique qu’on entendait avant, dans cette maison noire, tout en haut presque au plafond, quand les gens qui venaient ici, venaient pour la musique.

   
   

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Mais Tud Goemon ne s’arrêta pas devant la maison noire. Il continua en shootant dans les bigorneaux. Ses grandes nattes de goemon collées par paquets se balançaient comme portées par les vagues entre les rochers quand la mer monte. Il secouait la tête. Non, je n’ai pas envie de la revoir. Mais je dois lui parler. Je vais le dire à maman d’abord. Elle, elle saura lui parler. Peut-être.