01 janvier 2006
Petite note pour les lecteurs :
Cette histoire compliquée est issue d'un copiage/collage de plusieurs courts textes tracés à l'encre de coquelicot sur des morceaux d'écorce de bouleau. Ils ont été retrouvés sous le banc de nage d'un très vieux curragh en peaux de boeuf tendues sur une armature de châtaignier. L'embarcation était abandonnée sur le sable d'une plage d'une île inconnue surgie de nulle part à travers la brume. Le marin solitaire qui les a aportés sur le continent a raconté une histoire étrange avant de les oublier sur le zinc d'un bar et de disparaître à jamais. D'après ce qu'il en aurait dit, ces rouleaux aurait été écrits par un loup du nom de Bleiz.
Le travail de reconstitution de ces différentes histoires emmêlées fut long et fastidieux. De nombreuses incertitudes, dues à la fragilité du support, ainsi qu'au grand nombre de rouleaux, ne nous permettent pas de vous offrir un récit totalement reconstitué. Nous le complèterons du mieux que nous pourrons au fur et à mesure du déchiffrement des textes.
Nous avons tenté de remettre ici dans un ordre supposé chronologique ces aventures merveilleuses. Cependant le fil de l'histoire de chaque personnage reste accessible par un simple clic, là, à gauche. D'autre part, quelques précisions hors texte permettent de compléter la connaissance que nous avons des trois personnages principaux à travers leurs aventures respectives. Bonne lecture, amis internautes !
Protagonistes des aventures :
Nessy, vouivre du Loc'h Ness, habituellement appelée Le Monstre
Keridwen Chaudron, vieille petite déesse oubliée
John, égaré
Bleiz, loup gris, avatar de Keridwen, narrateur
Berc'hedig, la Tud Vor
Tud Goémon, monstre de la Baie de l'Enfer
16 septembre 2006
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Présentation des personnages
Bleiz le loup
Rouleau d’écorce de bouleau N°12
retrouvé dans un sac de peau sous le banc de nage du curragh.
Finalement, je reprend la plume.

Je
ne l’avais plus touchée depuis l’enserrement de Merlin par Vivianne
dans la forêt de Brocéliande. J’ai conté toutes ses aventures pendant
de longues années. Elles ont, bien heureusement, été maintes et maintes
fois reprises, réécrites, transformées. Ce qui a permis de faire
connaître cette histoire au monde entier. Car sans le remaniement de
mes feuillets par des écrivains chevronnés, qui aurait pris la peine de
lire ces pauvres lignes mal rédigées ? Il faut avouer qu’un loup a
l’esprit simple et formule ses pensées tout aussi simplement, même si
sa vie est complexe, éternelle et multiple.
Je suis Bleiz le loup
lorsque je cours à quatre pattes, que je renifle les pistes marquées
sur le sol, que j’écris avec de l’encre de coquelicot sur des feuillets
d’écorce de bouleau, que je hurle à la lune ou que je me gratte les
oreilles avec la patte arrière. Et je suis Keridwen la sorcière lorsque
je reprend mon petit pas trottinant, mon dos bossu, mes doigts crochus
et mon cabas sous le bras. Keridwen est née de la nuit des temps et
d’un matin de rosée. Elle s’est éveillée à la Création pour garder le
chaudron de Dagda. Jeune, elle était d’une grande beauté et connaissait
tous les secrets de la nature. C’était une puissante magicienne capable
de soulever les tempêtes et de détourner les astres de leur cours. Elle
eût trois enfants de Tegid le Chauve, roi du Lac Bala. Le troisième,
Afang Du fut la cause de la perte du chaudron par la faute de Gwyon
Bach. Tout le monde au pays de Cymru connaît son histoire. Et Keridwen
vieillit de chagrin et de vexation au cours de l’interminable quête.
Mais je suis aussi Mabd la corneille voyeuse et voyante, Twrch
Trwyth le sanglier courant, Kuan le hibou, Eog le saumon ou Melygan le
cheval et toutes les formes de la Création lorqu’il me plaît de le
devenir.
J’ai parcouru la forêt sur les pas de Merlin. J’ai
guerroyé de châteaux en châteaux et de villes en ports avec Arthur.
J’ai traversé maintes et maintes fois les deux pays de Bretagne. Et
j’ai vogué sur la mer à la recherche d’aventures.
Avec Arthur et ses chevaliers nous avons pris la mer sur de lourds
vaisseaux de bois à fond plat et bords hauts, gréés de voiles de cuir,
nous avons affronté l’Océan aux vagues grandes comme des montagnes,
furieuses comme un troupeau d’étalons sauvages, noires comme les nuits
d’hiver, blanches d’écume légère et rouges des soleils couchants vers
lesquels nous voguions.
Une île nous est apparue, toute hérissée
d’écueils, toute entourée de brumes, flottant entre deux eaux.
Longtemps nous avons cherché un hâvre où l’aborder sans encombre. Des
jours durant nous avons flotté dans le brouillard, frôlant les crocs
acérés des rocs, scrutant le long des rives une crique où jeter
l’ancre.
Et un matin de fleurs et de papillons la côte s’est ouverte sous la
proue de nos bateaux. Nous avons accosté sur le sable doré d’une belle
courbe de plage accueillante. Une source fraîche surgissant en cascade
de la falaise et baignant un bassin de galets bleus put abreuver nos
hommes et nos chevaux. L’air doux et léger embaumait nos narines
éprouvées par l’iode marine d’un parfum envoûtant de pomme mêlé d’ajonc.
Les
hommes installèrent un camp au plus haut de l’estran et commencèrent à
pêcher qui tourteaux, qui praires grasses et s’amusaient de les
cueillir si facilement à pleins paniers. Les braises du foyer furent
vite nourries au bois flotté et les chants ne tardèrent pas à
accompagner le gavage des estomacs.
Arthur choisit les plus
valeureux de ses chevaliers et nous partîmes explorer l’intérieur de
l’île. Ké découvrit un escalier de pierre au creux d’une faille de la
falaise. Hardiment, il grimpa le premier, taillant un passage dans
l’ajonc et le genêt de sa vaillante épée. Arthur le suivit et moi je
m’attachai à ses talons.
Nous arrivâmes sur un sentier bordé de
talus bas séparant des prés où paissaient une multitude de moutons.
D’un côté du chemin les moutons étaient noirs, de l’autre côté ils
étaient blancs. Chose curieuse, lorsqu’un mouton blanc sautait le talus
et traversait le chemin pour entrer dans l’autre pré, il devenait
aussitôt noir. Et quand un mouton noir traversait à son tour, il
devenait immédiatement blanc.
Nous marchâmes longuement le long des
prés puis le chemin s’élargit pour permettre un passage de charrette
quand nous arrivâmes à des vergers. Jamais aucun d’entre nous n’avait
contemplé plus beaux vergers. Les arbres étaient larges et hauts. Trois
hommes se tenant les mains n’auraient pu entourer un de leurs leur
troncs. Sept hommes posés les uns sur la tête des autres n’auraient pu
toucher leur sommet. Certains étaient encore tout roses de fleurs alors
que d’autres ployaient sous le poids d’énormes pommes luisantes d’or
veinées de rouge sang. D’autres plus loin perdaient leurs feuilles
brunes et dorées qui s’envolaient vers ceux aux troncs noirs et
branches nues habillées de lichens et de givre.
Puis le chemin
s’élargit encore et bientôt fut pavé de larges dalles de granit poli et
brillant. Un palais de verre apparut dans le lointain à nos yeux
étonnés. Lorsqu’enfin nous approchâmes de la forteresse, vint à notre
rencontre un éblouissant cortège de jeunes femmes, dont la beauté était
aussi difficile à regarder que le soleil. Elles nous escortèrent
jusqu’à une salle au plafond perdu dans le ciel, soutenu par des
colonnes de pierres précieuses. Le sol était couvert d’or pur et
reflétait la lumière des murs de verre. Au bout de l’immense salle, une
magnifique jeune femme à l’étincelante chevelure noire bleutée, vêtue
d’une somptueuse robe écarlate était assise sur un trône d’argent
massif.
« Keridwen, ma sœur bien-aimée ! » S’exclama-t-elle.
Morgane, car c’était elle, se leva et s’approcha de notre roi « Soit
bénie de revenir parmi nous accompagnée de mon illustre frère ! Arthur,
quel honneur de te recevoir en ma demeure. Puisses-tu goûter aux
plaisirs d’Avallon pour qu’enfin tu restes auprès de moi ! Soyez les
bienvenus Chevaliers au festin qui vous attend ». La reine des fées
embrassa très chaleureusement son demi-frère qui resta de marbre et lui
tendit malgré tout poliment sa joue barbue. Au son de la voix de
Morgane, je repris le visage de ma jeunesse et fut revêtue des habits
qui furent miens avant la quête, parée des bijoux que j’affectionne
lorsque je reviens en Avallon. (Voyez mon portrait ! )
Morganne
est traîtresse comme chacun sait et Arthur ne se prit pas au piège. «
Chère Morgane, nous avons trouvé ton palais par hasard en nous
aventurant vers l’Ouest. Nous ne pouvons accepter l’offre de ton
accueil car nous savons ce qu’il nous en coûterait. Soit cependant
assurée de notre admiration pour toutes les merveilles d’Avallon, mais
permets que nous reprenions au plus vite nos navires car l’aventure ne
souffre pas l’attente.
_ Quelle méfiance, Arthur au noble cœur, va
emmène tes chevaliers mais je garde tes équipages puisqu’ils se sont
nourris des fruits de nos rivages. Une seule chose avant de reprendre
les flots : viens contempler l’objet de la quête avant qu’il ne
disparaisse à tes yeux. Vois ce chaudron de connaissance et
d’imortalité comme il chauffe doucement au souffle de mes sœurs. »
Arthur
et moi nous approchâmes de l’endroit désigné par Morgane. J’eus à peine
le temps d’entr’apercevoir le chaudron par dessus l’épaule d’Arthur que
tout disparut à nos yeux. Chaudron, palais, fées, ors et jardins. Je
sentis le pelage de Bleiz reprendre place sur ma peau et mes colliers
s’évanouir. Les vergers firent place à des landes pelées par les vents,
les moutons disparurent, les prés et les chemins également. Nous
retournâmes en hâte à nos vaisseaux et trouvâmes, comme nous le
prévoyions, la plage déserte. Nous reprîmes la mer avant de disparaître
à notre tour.
Les écrits de Bretagne font l’objet d’un grand soin
Tandis que les vagues s’agitent tout autour
Taliesin
John

Né d’un soir de solitude et d’une canette de bière, réveillé amnésique sur un port avec la gueule de bois. Truc classique de celui qui joue un personnage, il met un peu de lui, un soupçon de rêves, une cuiller d’imagination et sa schizophrénie ordinaire.
Qui est-il ?
Il se regarde : en surface, un blouson de cuir noir fin et souple, en-dessous une chemise noire, très douce. En bas, un jean noir large à peine délavé. Pas de ceinture. Aux pieds, de grosses chaussures de cuir, du genre botillons d’ouvrier de travaux publics. Dans les poches, trois paquets de clopes entamés, un crayon de charpentier, quelques billets pliés dans un passeport. Cette pièce d’identité ne lui révèle pas grand chose de sa vie. De plus, il la soupçonne fortement d’être fausse, sans toutefois en être certain, ni comprendre la raison de ce soupçon. La photo qui y est apposée paraît convenir à ce qu’il aurait pu être il y a deux ou trois ans. Le cou est enserré d’un col de chemise blanc bien cravaté. Les cheveux y sont beaucoup plus courts, presques rasés et d’un noir corbeau. Mais surtout le regard y est plus vif, pétillant, avec un éclat presqu’inquiétant. Le sourire affiché est à la limite de la moquerie, voire du dédain. Aucune trace de l’expression qu’il peut voir aujourd’hui en regardant son reflet, désabusée, le regard vague et l’absence de sourire.
Nom légal ?
Duval.
C’est celui qui est inscrit sur le passeport ramollit qui traîne au fond de la poche arrière droite de son jean.
Prénoms en mémoire :
Jean.
Mais il sait que la plupart des gens l’appelle plutôt John ou Gianni. Ces deux prénoms lui semblent en tout cas plus familiers.
Age deviné :
Date de naissance indiquée sur le passeport : 11 novembre 1963. Ce qui lui ferait 42 ans.
Bizarre. Le nombre 38 lui revient plus naturellement en tête.
Lieu de naissance moins que probable :
Saint-Beaumont.
Il
ne sait pas où ce trouve ce bled. En fait il se doute qu’il n’existe
pas. Il ne l’a trouvé ni sur un Atlas ni dans un annuaire. Tenderait à
prouver que le passeport est un faux minable ou limite
foutage-de-gueule. Département 43, Haute-Loire, c’est un peu au sud du
centre.
Nationalité : française.
Enfin, c’est ce qui est
inscrit. Lui, se rappelle du nom « Rome », il a vu que c’était la
capitale de l’Italie. Mais ce pays ne lui rappelle rien. A part
l’association de deux couleurs, le vert et l’orangé et le visage d’une
femme peinte à fresque sur un plafond. Une femme qui porte un voile
orange sur une robe verte.
Défaut d’histoire :
N’a plus qu’un seul souvenir précis. Elle le regarde droit dans les yeux et lui dit : « Je pars. »
Le reste n’est qu’un ramassis de sensations désagréables. Il est amnésique.
Qu'écoute-t-il ?
Il se rappelle qu'on l'a qualifié de sourd. Il aime la peinture: "La peinture c'est la musique des sourds" lui a-t-on dit un soir d'alcool et de brouillard. Lui, il sait qu'il chante juste et il adore siffler.
Que lit-il ?
Se jette compulsivement sur tout rayon de livres, entre dans chaque librairie, s'oublie dans les bibliothèques, aime le contact du papier, le bruit des pages qu'on tourne, lire dans son bain, à table, sur la plage et sur les quais d'une gare, à n'importe quelle heure mais surtout la nuit et s'endormir un livre à la main, la lumière allumée.
Keridwen Chaudron
Elle est petite, elle est
bossue ;
Sur sa chaudière son front sue
Et ruisselle, et sa main ossue
Y plonge un doigt sale et
crochu.
Une verrue énorme et grise
Pend de sa moustache qui frise
Sur sa lèvre que cicatrise
Le stigmate d’un pied fourchu.
(écrit au revers d’une lettre de faire-part de mariage par Victor Hugo)
Keridwen a oublié son âge. Elle est née sur Avallon, l’île des Pommes.
Petite, extrêmement vieille, bossue, affreusement ridée, les jambes
tortes et les mains noueuses, Keridwen promène son maigre corps à
travers tous les âges de la création d’un petit pas léger et chancelant
mais totalement infatigable. Elle est mue par une énergie qui vient des
profondeurs de la Terre Mère à laquelle elle appartient depuis le jour
très lointain de sa naissance.
Vêtue de pauvres frippes d’un gris
uniformément terne, chaussée de sabots de frêne inusables, elle est
coiffée d’un chignon de petites tresses entortillées dissimulé sous une
volumineuse coiffe de dentelle amidonnée.
Keridwen porte en
permanence au bras un vieux cabas de cuir noir usagé qui contient toute
sa maison. Excepté le chaudron, bien entendu !
Sa voix est calme et
douce, un peu chevrotante parfois quand tombe la nuit, mais vous vous
laisseriez prendre. C’est une charmeuse ou une enchanteresse, si vous
préférez. Enfin, une sorcière, quoi !
Deux choses l’embêtent un peu.
Sa vue qui baisse doucement mais régulièrement depuis quelques siècles
et sa mémoire gravement atteinte par plaques depuis son arrivée sur la
plage inconnue.
Son petit chat noir la suit obstinément depuis
toujours. Il n’aime pas faire faire du bateau, mais il adore les
mouettes. Surtout au petit déjeuner.
Keridwen est d’un premier abord
avenante et semble innofensive, vieille petite mère amie des chats, à
tel point que vous la laisseriez passer devant vous dans une file
d’attente ou lui laisseriez votre siège dans le bus. Vous l’aideriez
sans hésiter à traverser la rue. Mais elle est une sorcière des
légendes celtiques et sa ruse et sa férocité ne sont plus à démontrer.
Capable
d’avaler Gwyon Bach en se changeant en poule lorsque lui-même était
devenu grain d’orge puis après ça de le couver tranquillement neuf mois
dans son ventre et de le jeter à la rivière dès la naissance. Je
n’invente pas, c’est Taliesin
lui-même qui chante ses exploits. Capable de mitonner des petits plats
savoureux ou des tisanes immondes, de se changer en loup et de caresser
son chat avec tendresse, elle est multiple et surprennante. Qui peut
savoir qui était son chat autrefois ?
Ernestine Nestor, dite Nessy, la vouivre du Loch Ness
Ernestine Nestor, dite Nessy, Monstre du Loch Ness, a une très longue histoire et de nombreuses incarnations. Personnage de légende, elle s’est manifestée à maintes reprises et sous différentes formes autant réelles que virtuelles. Cette histoire-ci a débuté sous l’identité d’un personnage de RPG et se prolonge dans les méandres d’Internet au fond d’un lac, communément appelé Le Loc’h, qui est bien entendu virtuel, protéiforme, changeant et brumeux.
Vous êtes invités à poursuivre l’aventure de Nessy par l’intermédiaire de vos commentaires qui seront, je l’espère, imagés, décalés et hors du temps.
Prénom:
Connue aujourd’hui dans le monde
entier sous le surnom de Nessy, Ernestine s’est d’abord fait appeler «
la Kelpie » et n’est connue sous son vrai prénom que des habitués du
bar « Le Loch Ness » situé sur les rives de ce lac.
Nom:
Nestor, comme celui de son premier mari, le seul qu'elle ait eu d’ailleurs, mort il y a fort fort longtemps.
Age (apparent):
Sous
sa forme humaine, Nessy paraît avoir environ ving-cinq, vingt-six ans.
Sous sa forme, disons, « animale », Nessy serait pour certains une
survivante de l’ère secondaire, pour d’autres, elle aurait moins de dix
mille ans, date de la séparation des eaux du lac de celles de l’Océan.
Ces chiffres sont totalement farfelus, car Ernestine Nestor vient
seulement de fêter son mille quatre cent soixante deuxième anniversaire
dans la nuit du 30 octobre au premier novembre dernier, en compagnie de
sa famille et de ses amis sur l’ïle d’Avallon dans le château de sa
grand-mère.
Fille d’un roi d’Ecosse et d’une fée des Tertres de l'île d'Iona, Nessy est bien évidemment une princesse-fée celtique.
Apparence:
Apparence N° 1
: Jolie rousse frisée aux yeux verts, le visage parsemé de tâches de
rousseur, Nessy est de petite taille, environ un mètre soixante, bien
proportionnée, la poitrine ni trop lourde, ni trop menue, juste ce
qu’il faut pour porter de jolis décolletés pas trop provoquants. Elle a
les hanches à peine enveloppées, juste ce qu’il faut pour n’être ni
plate, ni ronde mais se sentir aussi bien en mini-jupe qu’en jean ou en
robe longue. Ses jambes sont longues malgré sa taille et son habitude
de la marche lui a donné des cuisses et des mollets légèrement musclés
aussi bien mis en valeur par le port de baskets que par celui de talons
aiguilles.
Apparence N° 2 : Sous sa deuxième forme, qu’on
peut qualifier d’animale, bien qu’aucune autre bête ne lui ressemble,
Nessy est énorme, d’un teint plutôt gris-verdâtre, pourvue d’un long
cou surmonté d’une petite
tête
garnie de cornes qui ressemblent à celles des girafes. Elle est coiffée
d’une belle crinière vert clair qui contraste avec son beau regard
jaune d’or. Sa queue à elle seule mesure environ vingt mêtres et pèse à
peu près une tonne. Ces mesures ont été faites par aproximation à la
suite de dégâts réalisés sur un bateau. Elle se déplace assez
rapidement en nageant de ses quatre fortes pattes palmées et peut
plonger de longues heures à une profondeur d’au moins deux cents mêtres.
Caractère:
Curieuse,
gaie, enjouée, coquine, serviable, bien qu’assez maladroite et
extrêmement étourdie, Nessy est d’une compagnie agréable lorsqu’elle
est à terre et qu’elle vous sert, sans le renverser, un verre de bière
au café « Le Loch Ness ». Evitez de la rencontrer lorsqu’elle nage. Sa
maladresse peut emporter votre embarcation soit à cinquante mêtres dans
les airs, soit à vingt mêtres sous l’eau d’un coup de nageoire ou de
queue. Elle en serait désolée. C’est pourquoi elle est très discrète
quand elle va se baigner et choisit de préférence la nuit, les jours de
brume ou de tempête pour éviter les accidents.
Légende de Nessy, monstre du Loch Ness :
Première
apparition sur les rives du Loch Ness sous sa deuxième forme en l’an
565 après Jésus-Christ. Frayeur chez les habitants des rives. Paniquée
par les hurlements, Nessy casse toute la flotte de pêche et les pontons
du port. Elle se fait sermonner par saint Colomban et promet de rester
toujours gentille, calme et polie, quelque soit la frayeur qu’elle
puisse provoquer autour d’elle.
Plusieurs apparitions sous sa
deuxième forme du VIème siècle au au XIXème siècle pendant lesquels on
la prend pour une Kelpie, sorte de cheval marin qui intrigue les
chasseurs attirés par le gros gibier et les chevaliers errants en quête
d’aventure mais fait peur aux enfants qui ne veulent pas manger leur
soupe.
Au IXème siècle, son apparition dans les brumes du lac
inspire un sculpteur norvégien qui lancera la mode des figures de proue
si particulières des bateaux vikings qui imitent son portrait.
Au
XXème siècle, sa légende fait le tour du monde grâce aux nouveaux
moyens de communication. C’est là qu’elle devient Nessy, le « monstre
du Loch Ness ». En 1960, puis en 1967, elle est même prise en film.
Quelques scientifiques ont pu saisir ses mouvements de natation en
grande profondeur avec des sonars, nécessaires à l’observation
sous-marine, car l’eau du lac est très trouble. Par contre, ceux qui
ont tenté de la photographier au bain n’ont jamais réussi. Toute les
photos connues actuellement sont des fausses.
Peu de gens ont pensé
la photographier sous sa première apparence, car elle n’aime pas ça et
le dit volontiers. C’est cependant tout à fait possible avec un peu de
persuasion et de charme. Mais ça n’impressionne pas plus vos amis
qu’une autre photo de jolie fille prise pendant les vacances et
personne ne vous croira si vous dites qu’elle est Nessy du Loch Ness !
Légende de sa cousine Mélusine :
Mélusine,
fille d’une fée et d’un roi d’Ecosse est qualifiée de monstre par sa
famille, laquelle, comme celle de Nessy, n’apprécie guère les mariages
inter-ethniques. On lui prédit qu’elle ne pourra jamais se marier. Elle
trouve pourtant un gentil fiancé à qui elle promet honneur et richesse
si, une fois mariés, il ne cherche jamais à la voir au bain, qu’elle
prend tous les samedis dans une pièce fermée. Arrive ce qui devait
arriver, la curiosité pousse le gentil mari à regarder par le trou de
la serrure et à hurler haut et fort à la vue de sa femme dont le bas du
corps est celui d’un énorme serpent. Une vouivre ! Elle le quitte car
elle ne veut pas être montrée du doigt ni brûlée vive, qui sait ? Et se
réfugie dans la forêt. Elle a été entr’apperçue de nombreuses fois
depuis.
Histoire réelle de Nessy, la Vouivre du Loch Ness :
Il
est vraiment incroyable que personne n’ait encore fait le rapprochement
entre la légende de la Vouivre poitevine et celle du monstre du Loch
Ness. Il est pourtant bien connu que les Pictes d’Ecosse et les
poitevins, du Poitou donc, sont de même origine celtique. Donc, même
cause, même effet, Nessy, fille d’un roi d’Ecosse et d’une fée des
tertres de l’île d’Iona est également un monstre comme sa cousine, ses
cousins et ses frères et sœurs. Elle s’est mariée une fois il y a bien
longtemps et son gentil mari, Oengus Nestor, qui n’a jamais regardé par
la serrure est mort comme tout chevalier qui se respecte, à la guerre
ou à la chasse, on ne sait plus très bien. C’était il y a fort fort
longtemps et depuis, Ernestine a eu de nombreuses aventures. Jamais,
cependant elle n’a pu enfanter de rejeton. La nature se rééquilibre
finalement assez bien toute seule.
Nessy habite un broch, sorte de
grosse tour de pierres trapue qui possède trois portes. Une devant,
lourde et en bois avec un petit judas muni d’une grille par lequel elle
peut voir les gens qui frappent. La deuxième, derrière, en bois
également, s’ouvre en deux parties, une en bas, une en haut, et donne
sur le jardin. La troisième est une trappe qui ouvre sur un souterrain
en partie noyé et permet de rejoindre directement le lac en plongée. Le
broch est aménagé comme une petite maison de campagne, modestement mais
confortablement. Il y a des rideaux de cretonne aux deux petites
fenêtres.
Depuis plusieurs siècles, Nessy trouve son équilibre en
jouant à la serveuse de bar dans les différents villages du tour du lac
et en se baignant les nuits sans lune, les jours de brouillard ou de
tempête, quand nul n’est sensé sortir en bateau. Mais, hélas, il lui
arrive aussi de se baigner sur un coup de tête, car son étourderie lui
fait oublier ses sages décisions, alors ne vous trouvez pas un de ces
jours-là sur son chemin !
Signes particuliers :
N’aime pas qu’on la chatouille, ça la fait éternuer. C’est moins grave à terre. Déteste qu’on la prenne en photo.
Quelle fontaine éclate sous le couvert de l'ombre, alors que le roseau est blanc sous la lumière de la lune ?



